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Et si lâon prenait enfin au mot ceux qui rĂ©pĂštent que « les hommes ne peuvent pas se contrĂŽler » ?
Dans 11 %, Maren Uthaug pousse cette idĂ©e jusquâau bout.
Les mĂąles ne reprĂ©sentent plus que 11 % des ĂȘtres humains â et des espĂšces animales. ConsidĂ©rĂ©s comme gouvernĂ©s par leurs hormones, incapables de maĂźtriser leurs pulsions et leur violence, ils sont dĂ©sormais surveillĂ©s, enfermĂ©s, reproduits sous contrĂŽle.
Le patriarcat a disparu. Et avec lui, toute lâhistoire du monde a Ă©tĂ© réécrite.
Ici, lâhumanitĂ© nâa jamais Ă©tĂ© créée par un PĂšre, mais par une MĂšre. AprĂšs tout, il est plus logique quâune dĂ©esse mette au monde un enfant JĂ©sus plutĂŽt quâun dieu mĂąle. Les serpents retrouvent leur place de guides spirituels. Les menstruations sont cĂ©lĂ©brĂ©es comme une source de savoir, et la mĂ©nopause marque lâentrĂ©e dans lâĂąge des Sages.
Tout ce que notre histoire a longtemps prĂ©sentĂ© comme naturel apparaĂźt soudain pour ce quâil est : une construction culturelle.
Câest lĂ toute la force de ce roman.
En inversant les rapports de domination, Maren Uthaug ne cherche pas tant Ă imaginer un matriarcat idĂ©al quâĂ mettre en lumiĂšre lâarbitraire des rĂ©cits qui fondent nos sociĂ©tĂ©s. Ce renversement agit comme un miroir : il rĂ©vĂšle combien certaines croyances, lorsquâelles changent de camp, deviennent immĂ©diatement absurdes.
Jâai trouvĂ© cette lecture aussi rĂ©jouissante que dĂ©rangeante. Elle amuse autant quâelle interroge.
Car derriĂšre son humour mordant, 11 % pose une question essentielle : combien de ce que nous pensons immuable nâest en rĂ©alitĂ© quâune histoire que nous avons appris Ă croire ?
Une dystopie audacieuse, satirique et profondément libératrice, qui bouscule nos certitudes avec une intelligence jubilatoire.
âïž
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Cet article a été publié initialement sur mon compte Instagram.